03 janvier 2006

La brocante du diable

Il avait été annoncé que le diable allait se retirer des affaires et mettre ses outils en vente.
Le jour de la vente, les outils étaient exposés de façon attrayante — malice, haine, envie, jalousie, mensonge, fourberie... — tous les instruments du mal étaient là, chacun marqué à son prix.


Il y avait aussi un outil en apparence inoffensif, très usé, mais dont le prix dépassait largement tous les autres.
Quelqu’un demanda au diable ce que c’était :
- C’est le découragement, répondit-il.
- Pourquoi le vendez-vous aussi cher ?
- Parce qu’il est plus utile que n’importe quel autre. Avec cela, je peux entrer dans n’importe quel homme. Et une fois à l’intérieur, le manoeuvrer comme il me convient le mieux.
- Pourquoi est-il tellement usé ?
- Parce que je l’emploie avec presque tout le monde. Mais très peu de gens savent qu’il m’appartient.
Le prix du découragement était si élevé que l’instrument n’a jamais été vendu.
Le diable en est toujours propriétaire et il continue à l’utiliser... abondamment.

Lu sur le journal de la paroisse luthérienne du Bon Secours à Paris

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