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02 février 2006

Vade Mecum Pastoral (W. Monod)

Voici des notes issues de la lecture du Vade Mecum Pastoral écrit par Wilfred Monod, pasteur à Rouen et à l'Oratoire du Louvre, père de Théodore, lui-même naturaliste célèbre, décédé il y a peu.




Vade Mecum Pastoral
Ora et labora
Dédié à ses collègues dans le saint ministère
Par Wilfred Monod, pasteur à Rouen
Paris, Librairie Fischbacher, 33 rue de Seine
1907 – Dijon, impr. Darantière

Extraits

p. 5 :
Dans le domaine spirituel, la plus sûre manière de travailler pour les autres est de travailler pour soi-même.
Peu de temps après son entrée dans le ministère évangélique, un jeune pasteur sentit profondément le besoin de réagir contre l’accoutumance, la superficialité, le formalisme, la suffisance ou le découragement, qui menacent l’idéal héroïque de la vocation pastorale, et justifient, chaque jour, le solennel avertissement de Vinet : « L’exercice du ministère menace l’esprit du ministère, si rien au dedans ne l’entretient ».
[…] Pâques 1907

p. 7 :
Beaucoup prier n’est pas beaucoup parler ni beaucoup penser, mais plutôt beaucoup aimer et beaucoup désirer.
La prière n’est que l’interprète de l’amour et du désir du cœur, et, tous les désirs de notre cœur étant présents à Diue, et lui étant offerts de temps en temps, on prie beaucoup et continuellement, quand on a dans le fond du cœur un grand désir de profiter aux âmes que l’on sert pour l’amour de Dieu et pour sa gloire.
Quesnel

p. 9 :
Première Partie
La Vie intérieure
« Je crie à Dieu le soir, le matin, et à midi, et il entendra ma voix » Psaume 55 [v. 16-17]

p. 29 :
Prier, c’est :
Attendre, se mettre en état de réceptivité.
Etablir la communication, le courant.
Ouvrir la fenêtre.
Plonger le cristal dans l’eau-mère.
Faire un appel de sève. Le sarment ne peut fructifier sans le cep ; le cep ne peut fructifier sans le sarment.
Toucher le bord de son vêtement.
Tendre la voile aux souffles de l’invisible.
Respirer en Dieu, aspirer l’air.
S’établir dans l’éternel.
Chercher la ligne d’horizon, le point perspectif.
Contempler le monde par le dedans.
Exaucer Dieu.

p. 30 :
Prier au nom de Jésus-Christ, c’est prier :
Au nom de son exemple, car il priait ;
Au nom de ses paroles, car il a promis l’exaucement ;
Au nom de sa mort, car son sacrifice rouvre le chemin du ciel ;
Au nom de son intercession actuelle dans la gloire ;
Au nom de son retour, c’est-à-dire au nom des intérêts de son règne futur ;
Au nom de sa présence en moi, car il disait : « Tu m’exauces toujours ».
*
Comme homme, j’adore le Dieu de la Genèse.
Comme chrétien, j’adore le Dieu de Golgotha.
Comme pasteur, j’adore le Dieu de l’Apocalypse, le Dieu « qui vient. »
Mes qualités d’homme, de chrétien et de pasteur répondent aux trois grands moments de l’histoire du monde : création, rédemption, consommation.
Et ces trois moments, à leur tour, correspondent à trois manifestations de l’essnece divine qu’il nous a été donné de connaître : Père, Fils, Saint-Esprit.
*
Dieu Créateur ! qui donnas la vie au monde…
Dieu Rédempteur ! qui donnas ta vie pour le monde…
Dieu Vivant ! je te consacre ma vie !

p. 31 :
Que l’immense labeur de l’évolution passée, qui, tout entier, aboutit à moi, ne soit point frappé de stérilité par ma faute, paralysé par ma propre médiocrité spirituelle ! Que je contemple ces efforts et ces souffrances des périodes antérieures comme des prophéties à réaliser, des prières à exaucer, que je prenne conscience des virtualités infinies qui sommeillent en mon âme, que je consente à devenir, moi aussi, par la collaboration avec l’Eternel, par la communion avec le Père, un fils de Dieu ! « Tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu ! »

p. 32 :
« Quelque terme où nous pensions nous attacher et nous affermir, il blanle et nous quitte ; et si nous le suivons, il échappe à nos prises, nous glisse et fuit d’une fuite éternelle. Le bonheur n’est ni hors de nous, ni dans nous ; il est en Dieu, et hors et dans nous. » Pascal (Pensées)

p. 50 :
Examen de conscience
Aujourd’hui, qu’ai-je fait pour les miens ? – pour la paroisse ? – pour le Royaume ?
Aujourd’hui, qu’ai-je appris par la vie, par les livres, par la prière ?
Aujourd’hui, ai-je servi Jésus dans la personne des souffrants ?
Aujourd’hui, ai-je contristé l’Esprit de vérité ? – de pureté ? – d’humilité ? – de charité ?

p. 67 :
Pour l’insomnie
« O Eternel ! mon âme te désire pendant la nuit, et mon esprit te cherche au dedans de moi. » Esaïe 26:9
« Lorsque je pense à toi, ô Dieu ! sur ma couche, je médite sur toi pendant les veilles de la nuit ; car tu es mon secours, et je suis dans l’allégresse, à l’ombre de tes ailes. » Psaume 63:7-8
« N’avez-vous pu veilleur un heure avec moi ? » Jésus

p. 69 :
Deuxième Partie
L’Activité paroissiale
« Malheur aux pasteurs !… vous n’avez pas fortifié la brebis faible, guéri celle qui était malade, pansé celle qui était blessée ; vous n’avez pas ramené celle qui s’égarait, cherché celle qui était perdue. » Ezéchiel
« Nous aurions pu nous produire avec autorité, comme apôtres du Christ, mais nous avons été pleins de douceur au milieu de vous. — Nous avons été, pour chacun de vous, ce qu’un père est pour ses enfants, vous exhortant, vous consolant, vous conjurant de marcher d’une manière digne de Dieu, qui vous appelle à son royaume et à sa gloire. » Saint Paul

p. 71 :
Les visites pastorales
Préparation intérieure
« Je sais qu’en allant vers vous, c’est avec une pleine bénédiction de Jésus-Christ que j’irai. » Romains 15:29
« Avertissez ceux qui vivent dans le désordre, consolez ceux qui sont abattus, supportez les faibles, usez de patience envers tous. » 1 Thessaloniciens 5:14
« Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent, et pleurez avec ceux qui pleurent. » Romains 12:15
« Je n’ai pas craint de vous prêcher et de vous enseigner, publiquement et dans les maisons. » Actes 20:20

p. 72 :
Vinet. — « On n’est sûr de sa vocation au ministère, que quand on se sent pressé d’exercer la cure d’âmes. — Exercer et faire sentir l’autorité, sans effaroucher l’esprit d’indépendance, voilà le problème que résout, seule, la simplicité de la charité. — J’aimerais mieux entendre alléguer la cure d’âmes contre la prédication, que la prédication contre la cure d’âmes. — Le souverain pasteur n’est pas mieux accueilli par nous, que nous ne le sommes par d’autres ; et toutefois il venait « vers les siens. » — Croyez volontiers, et autant que possible, à la bonne foi. — Persévérez sans harceler. — Attendez plus des dispositions avec lesquelles vous vous acquitterez de votre tâche, que de l’habileté avec laquelle vous userez de vos moyens. — Le vrai mode de communication de la vérité morale, c’est la contagion. — Mêlez la prière à tous vos efforts, pour vous maintenir au vrai point de vue et dans le vrai sens de l’œuvre. » (Théologie pastorale)

p. 74 :
La « brebis faible »
Vieillards
« Tu te lèveras devant les cheveux blancs… Les cheveux blancs sont une couronne d’honneur ; c’est dans le chemin de la justice qu’on la trouve. » Lévitique 19:32, Proverbles 16:31.
« Jusqu’à votre vieillesse je serai le même ! Je veux encore vous porter, vous soutenir et vous sauver. » Esaïe 46:4
« Mon âme, bénis l’Eternel ! c’est lui qui rassasie de biens ta vieillesse, qui te fait rajeurnir comme l’aigle. » Psaume 103
« Je répandrai mon esprit sur toute chair, et vos vieillards auront des songes. » Joël 2:28

p. 77 :
La brebis malade
Malades
« Ezéchias fut malade à la mort, le prophète Esaïe lui dit : « Ainsi parle l’Eternel ! : Donne tes ordres à ta maison, car tu vas mourir. » 2 Rois 20:1
« Un mal brûlant dévore mes entrailles, et il n’y a rien de sain dans ma chair ; mon cœur est gité, ma force m’abandonne, et la lumière de mes yeux n’est plus même avec moi… Seigneur ! tous mes désirs sont devant toi, et mes soupirs ne te sont point cachés. Eternel ! c’est en toi que j’espère. » Psaume 38
« Jésus guérit tous les malades, afin que s’accomplît ce qui avait été annoncé par Esaïe : « Il a pris nos infirmités, et il s’est chargé de nos maladies. » Matthieu 8:16
« Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons ! » Matthieu 10 :8
« — Seigneur, celui que tu aimes est malade. — Cette maladie n’est point à la mort, mais elle est pour la gloire de Dieu. » Jean 11
« Le roi leur dira : j’étais malade et vous m’avez visité. » Matthieu 25
« Si nous nous exacminions nous-mêmes, nos ne serions pas jugés. C’est pour cela qu’il y a parmi vous beaucoup de malades. » 1 Corinthiens 11:30
« J’ai laissé Trophime malade à Milet. » 2 Timothée 4:20
« Epaphrodite a été malade, et tout près de la mort ; mais Dieu a eu pitié de lui, et non seulement de lui, mais aussi de moi. » Philippiens 2:27
« Quelqu’un souffre-t-il ? Qu’il prie. Est-il malade ? Qu’il appelle les anciens de l’Eglise, et que les anciens prient pour lui, en l’oignant d’huile au nom du Seigneur ; la prière de la foi sauver a le malade, et s’il a commis des péchés, il lui sera pardonné. » Jacques 5:14

p. 97 :
Les actes pastoraux
« Maudit soit celui qui fait avec négligence l’œuvre de l’Eternel ! » Jérémie 48:10
« Que celui qui préside le fasse avec zèle ; que celui qui est chargé des œuvres de miséricorde, remplisse avec joie ses fonctions. » Romains 12:8
« Occupe-toi de ces choses, donne-toi tout entier à elles, afin que tes progrès soient évidents pour tous. Veille sur toi-même et sur ton enseignement ; persévère dans ces choses, car, en agissant ainsi, tu te sauveras toi-même et tu sauveras ceux qui t’écoutent. » 1 Timothée 4
« Soyez fervents d’esprit ; c’est le Seigneur que vous servez. » Saint Paul [Romains 12:11]

p. 103 :
Après la prédication
[…]
La prière ; on doit, après avoir planté et arrosé, prier Dieu de donner l’accroissement. (Vinet)

p. 111 :
Troisième Partie
Memento
« C’est un danger pour un sentiment que de devenir une fonction. Il se mêle à nos premières impressions beaucoup de l’imagination ; une fois qu’elle est usée, réduit à ne plus sentir les choes que par le cœur et par la conscience, il est bienà craindre qeu nous ne les sentions plus assez. » (Vinet, Théologie pastorale)

p. 116 :
Comment « réveiller » mon Eglise
« Je suis venu jeter un feu sur la terre ; oh ! combien je voudrais qu’il fût déjà allumé ! Il est un baptême dont je dois être baptisé, et dans quelle angoisse je suis jusqu’à ce qu’il soit accompli ! » Luc 12:49
« Si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » Jean 12:24
« Quand il vit la ville, Jésus pleura sur elle. » Luc 19:41
« Je dis la vérité en Christ, je ne mens point, ma conscience m’en rend témoignage par le Saint-Esprit : j’éprouve une grande tristesse, et j’ai dans le cœur un chagrin continuel. Je voudrais être anathème et séparé de Christ, pour mes frères… Ils ont du zèle pour Dieu, mais sans intelligence… Le vœu de mon cœur, et ma prière à Dieu pour eux, c’est qu’ils soient sauvés. » Romains 9:4
« Bien que je sois libre à l’égard de tous, je me suis rendu le serviteur de tous, afin de gagner le plus grand nombre. Je me suis fait tout à tous, afin d’en sauver de toute manière quelques uns. Je souffre tout, afin de ne pas créer d’obstacle à l’Evangile de Christ. Je m’efforce en toutes choses de complaire à tous, cherchant, non mon avantage, mais celui du plus grand nombre, afin qu’ils soient sauvés. » 1 Corinthiens 9:19
« J’étais auprès de vous dans un état de faiblesse, de crainte et de grand tremblement. Je vous ai écrit dans une grande affliction, le cœur angoissé et avec beaucoup de larmes, non pas pour vous attrister, mais afin de vous faire connaître l’amour sans bornes que j’ai pour vous… Je crains qu’à mon arrivée Dieu ne m’humilie de nouveau à votre sujet, et que je n’aie à pleurer sur plusieurs de ceux qui ne se sont pas repentis… Je dépenserai volontiers tout ce que j’ai et je me dépenserai moi-même pour le bien de vos âmes, dussè-je en vous aimant davantage, être moins aimé de vous… » [1 Corinthiens 2]
« Qui vient à faiblir, que je n’en sois affaibli ! Qui vient à tomber, sans que j’en aie la fièvre ! » Saint Paul aux Corinthiens.
« Dieu m’est témoin que je vous chéris tous avec la tendresse de Jésus-Christ… Si même je dois verser mon sang et être offert en sacrifice pour le service de votre foi, je dis : « Quelle joie ! quelle joie ! » … Plusieurs marchent en ennemis de la croix de Christ ; j’en parle les larmes aux yeux. » Saint Paul aux Philippiens
« Pour l’amour de Sion, je ne me tairai point, pour l’amour de Jérusalem, je ne prendrai point de repos, jsuqu’à ce que son salut paraisse comme l’aurore. Vous qui rappelez le souvenir de l’Eternel, point de repos pour vous ! » Esaïe 62:1-6

p. 132 :
Intercession pour le monde
Seigneur ! nous crions vers vous du fond de notre misère.
Comme les animaux ui manquent de pâture pour donner à leurs petits,
Nous crions vers vous, Seigneur !
Comme la brebis à qui on enlève son agneau,
Nous crions vers vous, Seigneur !
Comme le taureau épuisé de fatigue et ensanglanté par l’aiguillon,
Nous crions vers vous, Seigneur !
Comme l’oiseau blessé que le chien poursuit,
Nous crions vers vous, Seigneur !
Comme des voyageurs égarés dans un désert brûlant et sans eau,
Nous crions vers vous, Seigneur !
Comme celui qui, à l’heure où la nuit se fait, rencontre près d’un cimetière un spectre hideux,
Nous crions vers vous, Seigneur !
Comme un père à ui l’on ravit le morceau de pain qu’il portait à ses enfants affamés,
Nous crions vers vous, Seigneur !
Comme le prisonnier que le puissant injuste a jeté dans un cachot humide et ténébreux,
Nous crions vers vous, Seigneur !
Comme l’esclave déchiré par le fouet du maître,
Nous crions vers vous, Seigneur !
Comme l’innocent qu’on mène au supplice,
Nous crions vers vous, Seigneur !
Comme le peuple d’Israël dans la terre de servitude,
Nous crions vers vous, Seigneur !
Comme les descendants de Jacob dont le roi d’Egypte faisait noyer dans le Nil les fils premiers-nés,
Nous crions vers vous, Seigneur !
Comme les douze tribus dont les oppresseurs augmentaient tous les jours les travaux, en retranchant chaque jour quelque chose de leur nourriture,
Nous crions vers vous, Seigneur !
Comme toutes les nations de la terre avant qu’eût lui l’aurore de la délivrance,
Nous crions vers vous, Seigneur !
Comme le Christ, sur la croix, lorsqu’il dit : Mon Père, mon Père, pourquoi m’avez-vous délaissé ?
Nous crions vers vous, Seigneur !
[…] Lamennais (Paroles d’un croyant)

p. 136 :
Appendice
Il existe une « Union des pasteurs pour le renouvellement méthodique de leur vocation ». Elle est composée des pasteurs qui sentent l’utilité de mettre un jour à part, chaque mois, pour repasser les principaux faits de leur ministère pendant les semaines écoulées, --— pour jeter un coup d’œil d’ensemble sur la vie de leur paroisse, -— pour demander à Dieu le réveil de leur église -— et surtout pour renouveler solennellement leur consécration à Jésus-Christ, comme chrétiens.
Les membres de l’« Union » reçoivent un feuillet mensuel portant l’indication d’un passage biblique à méditer, et la reproduction d’une pensée frappante sur le saint ministère.
Pour tous renseignements, s’adresser à M. le pasteur Marc Boegner, Aouste (Drôme)

Commentaires

Bonjour frère Gilles,
Paul a aimé sans compter, mais moi je pense que vu les temps difficile - je ne suis pas pasteur - qui vont venir, il faudra déjà penser pour nous croyants, à, avant toute chose conserver notre foi au sein de l'épreuve qui sera la nôtre. On aura comme Paul a diffuser l'evangile a de + en + de gens qui deviennent païens comme à l'époque de Paul mais comme l'inhumanité va grandissant, il nous faudra d'abord nous conserver.
Notre mission est aussi de conserver notre foi.
Car Paul accepte tout pour l'amour de sauver les autres, mais il en a la carrure ! mais nous ?

Bien à vous.

Ecrit par : Benjamin E | 22 novembre 2006

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